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Le Glaive oublié.
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Le Glaive oublié.
Je suis un vieux glaive rouillé. Autrefois, des mains romaines m’ont planté dans les flancs des Barbares, de Carthage à Mediolanum, et de Massilia à Londinium. Des légionnaires aguerris m’ont fait glisser sous les cimeterres recourbés, ou les épées qui taillent d’estoc ; toujours, des soldats de Rome m’ont guidé dans les faiblesses des cuirasses de peaux ou de bois, jusqu’au coeur des ennemis à la peau sombre, ou peinte de bleue, et aux cheveux teints en roux.
Rhin. Nil. Tamise. Seine. J’ai voyagé des brûlures de l’Erythrée aux froidures des plaines de vents furieux frottées. Plaines et forêts. Rocs et jardins. J’ai vu tous les soleils – et les contrées où il ne va pas. Les Latins de bronze vêtus, au casque de crin, m’ont porté et dégainé en Grèce, en Germanie, en Egypte, et en Bretagne. Et les cris haineux accompagnaient ma morsure ; j’entends encore le choc sourd des corps soulevés et percés, pour la plus grande gloire de l’Empire Universel.
Puis, un jour, le dernier soldat à me brandir fut tué. C’était aux alentours du Mur d’Hadrien ; les Celtes peints avaient finalement triomphés. On me laissa là, des lunes et des lunes, enfouis sous les doigts tressés d’une bruyère mauve, sur un mamelon décoiffé par le vent glacial. Des cohortes de nuages avaient rageusement jetées leur eau glacée sur ma lame qui s’oxyda. Je fus oublié sur ce sol sauvage.
Enfin, un enfant sale, aux cheveux blonds épais et enchevêtrés, m’aperçut. Il me saisit, fit avec moi quelques moulinets , comme font tous les petits garçons du monde en imaginant quelque ennemi mais, vite lassé par le jeu, et pressé de faire partager sa trouvaille, partit en courant pour me ramener à son père. Celui-ci me considéra. D’abord avec fureur, car des souvenirs lui revinrent : peut-être avais-je en effet taillé dans la chair de sa famille ?… Ou éclairci le rang de ses amis ? Sans doute.
Puis, doucement, derrière son aversion rétrospective, son regard bleu vira, car une idée venait de lui traverser l’esprit : en effet, après m’avoir soupesé, il m’amena à sa pauvre charrue ficelée, attelée à un maigre cheval harassé. Et il en préleva le soc totalement émoussé pour le remplacer par ma lame qu’il arrima solidement ; aussitôt fait, il se releva, avec une sorte de sourire de triomphe accroché à ses lèvres.
C’est ainsi que , d’ instrument de mort mille fois sollicité, je devins l’auxiliaire de l’homme pour faire jaillir la vie.
Rhin. Nil. Tamise. Seine. J’ai voyagé des brûlures de l’Erythrée aux froidures des plaines de vents furieux frottées. Plaines et forêts. Rocs et jardins. J’ai vu tous les soleils – et les contrées où il ne va pas. Les Latins de bronze vêtus, au casque de crin, m’ont porté et dégainé en Grèce, en Germanie, en Egypte, et en Bretagne. Et les cris haineux accompagnaient ma morsure ; j’entends encore le choc sourd des corps soulevés et percés, pour la plus grande gloire de l’Empire Universel.
Puis, un jour, le dernier soldat à me brandir fut tué. C’était aux alentours du Mur d’Hadrien ; les Celtes peints avaient finalement triomphés. On me laissa là, des lunes et des lunes, enfouis sous les doigts tressés d’une bruyère mauve, sur un mamelon décoiffé par le vent glacial. Des cohortes de nuages avaient rageusement jetées leur eau glacée sur ma lame qui s’oxyda. Je fus oublié sur ce sol sauvage.
Enfin, un enfant sale, aux cheveux blonds épais et enchevêtrés, m’aperçut. Il me saisit, fit avec moi quelques moulinets , comme font tous les petits garçons du monde en imaginant quelque ennemi mais, vite lassé par le jeu, et pressé de faire partager sa trouvaille, partit en courant pour me ramener à son père. Celui-ci me considéra. D’abord avec fureur, car des souvenirs lui revinrent : peut-être avais-je en effet taillé dans la chair de sa famille ?… Ou éclairci le rang de ses amis ? Sans doute.
Puis, doucement, derrière son aversion rétrospective, son regard bleu vira, car une idée venait de lui traverser l’esprit : en effet, après m’avoir soupesé, il m’amena à sa pauvre charrue ficelée, attelée à un maigre cheval harassé. Et il en préleva le soc totalement émoussé pour le remplacer par ma lame qu’il arrima solidement ; aussitôt fait, il se releva, avec une sorte de sourire de triomphe accroché à ses lèvres.
C’est ainsi que , d’ instrument de mort mille fois sollicité, je devins l’auxiliaire de l’homme pour faire jaillir la vie.

capodastre- A.O.C.

-

Messages: 617
Date d'inscription: 15/01/2011
Age: 64
Localisation: Septimanie
Humeur: tri sûr.

Re: Le Glaive oublié.
Quelque part c'est réconfortant de savoir que d'un glaive on ne s'en balance pas tous et ce n'est que justice, après avoir fait couler le sang ce vaillant glaive va saigner la terre pour donner la vie.
J'aime ces détournements de fonction des objets ou des personnes, d'ailleurs je m'imagine très bien Sarko après avoir pris une veste, recyclé en agent de la circulation place de l'étoile!!
On peur rêver hein mais si toutes les armes pouvaient se taire et être recyclées en outils de jardin, le monde ne serait que plus beau.
Merci Capo
J'aime ces détournements de fonction des objets ou des personnes, d'ailleurs je m'imagine très bien Sarko après avoir pris une veste, recyclé en agent de la circulation place de l'étoile!!
On peur rêver hein mais si toutes les armes pouvaient se taire et être recyclées en outils de jardin, le monde ne serait que plus beau.
Merci Capo
papathée de foi- A.O.C.

- Messages: 1139
Date d'inscription: 01/08/2009
Un glaive dans les plis de ton kilt !
De rien, papathée ! De toutes manières les cultures se sont bâties comme ça : Des Généraux aux mains blanches, le peuple derrière les glaives, et les paysans pressurés pour subvenir aux besoins des soldats. Pour notre NabotLéon en parsonne, par contre, on ferait bien de lui montrer la sortie dans un an, qu'on puisse de nouveau respirer dans ce pays !

capodastre- A.O.C.

-

Messages: 617
Date d'inscription: 15/01/2011
Age: 64
Localisation: Septimanie
Humeur: tri sûr.

Re: Le Glaive oublié.
Ben moi j'ai mis des balises pour qu'il ne rate pas sa piste d'envol, mais s'il veut se mettre directement les plumes dans le c.. et s'envoler, je veux bien aller déplumer une vieille poule et les lui planter...


_______________________________________________________________________________________________
Le peu que je sais c'est à mon ignorance que je le dois...



Fugitive- Équipe de Gestation

-

Messages: 3544
Date d'inscription: 20/06/2009
Age: 65
Humeur: chagrine mais pas obstinée...
La poule, ou l'oeuf ?
Bon, je vois, Fugitive, que tu ne peux pas pondre un commentaire sans qu'il y ait une allusion scato-sexo-obsedative ! C'est effrayant !!!

capodastre- A.O.C.

-

Messages: 617
Date d'inscription: 15/01/2011
Age: 64
Localisation: Septimanie
Humeur: tri sûr.

"La plume plus forte que l'épée".
Trouvé ça sur le net :



capodastre- A.O.C.

-

Messages: 617
Date d'inscription: 15/01/2011
Age: 64
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Humeur: tri sûr.

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